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Pour en finir avec le mythe de la révolution tranquille



Résumé :

La Révolution tranquille (1960‐1970) est le mythe fondateur du Québec

contemporain. Ce mythe glorifie la destruction de l’ancienne identité nationale
canadienne‐française, fondée sur la religion catholique, au profit d’une nouvelle
identité québécoise, axée sur la philosophie libérale. Mais nos manuels d’histoire
présentent une fausse image de la Révolution tranquille, et, plus encore, du
Québec duplessiste qui l’a précédée. La Révolution tranquille n’a pas été un

mouvement de modernisation et de démocratisation, car le Québec d’avant 1960
était déjà moderne et démocratique. La Révolution tranquille a plutôt été un

phénomène de « dépersonnalisation » collective. En 1960, le Québec se sentait

trop minoritaire en Amérique du Nord. Il admirait et enviait secrètement son

colonisateur anglo‐saxon. Il a choisi de s’auto‐acculturer, d’assimiler certains éléments
de la mentalité anglo‐protestante pour « mieux relever le défi économique ». Le
Rapport Parent rejeta la pédagogie française traditionnelle au profit de la
nouvelle pédagogie américaine. L’esprit utilitaire du High School a remplacé
l’esprit humaniste du collège classique. Les Canadiens français sont alors devenus
des Québécois, c’est‐à‐dire des Américains francophones. Jean Lesage l’avait ipromis : « Québec sera une province comme les autres. »

Ce recueil d’essais pourfend l’histoire officielle de la Révolution tranquille.

La Grande Noirceur du régime Duplessis n’a jamais existé. Jean Lesage n’a pas

modernisé le Québec; il l’a seulement américanisé. Paul Gérin‐Lajoie a démoli l’un

des meilleurs systèmes d’éducation au monde. Le cardinal Léger aura été l’idiot utile

de l’anticléricalisme. L’Église défendait la classe ouvrière. La grève d’Asbestos a

été une entreprise de subversion. Les curés n’ont jamais forcé les femmes à avoir
des enfants à chaque année. Le nouvel « historien national », Maurice Séguin,
n’était pas aussi nationaliste qu’on le pense. La culture québécoise est définitive
ment plus matérialiste que l’ancienne culture canadienne‐française.

Malgré tout, le pays réel survit sous le pays légal. Le jeune Québécois

contemporain garde encore quelque chose de son ancêtre canadien‐français. La
patrie pourrait renaître et apporter un « supplément d’âme » à l’Amérique du

Nord. Nous sommes un peuple qui ne sait pas mourir, écrivait Félix‐Antoine

Savard. Mais la renaissance nationale exige une révision de l’histoire, car celui qui
contrôle l’histoire, disait George Orwell, contrôle le présent.

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Langue : français 




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